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Les réflexes archaïques... C’est quoi ?Votre enfant a-t-il de la difficulté à se concentrer? Pendant les devoirs, il gigote, ne tient pas en place, tombe dans la lune, devient vite fatigué et perd sa motivation …

Savez-vous que ces comportements pourraient trouver leur source dans la rémanence de réflexes archaïques qui n’auraient pas complété leur maturation au cours du développement de la petite enfance ?

Qu’est-ce qu’un réflexe?

Vous connaissez le test du marteau à réflexes, que le médecin effectue au niveau du genou?

Il illustre bien ce qu’est un réflexe: une réaction involontaire (la jambe qui s’étire) à un stimulus donné (le contact du marteau sur le genou).

Et les réflexes archaïques?

Les réflexes archaïques ont la particularité d’être gérés par la partie la plus primitive de notre cerveau, le tronc cérébral, avant même la naissance.

Celui-ci est responsable de l’instinct de survie: il s’assure que notre organisme est en sécurité. C’est la partie la plus ancienne du cerveau, celle que nous avons en commun avec les reptiles (d’où son ancien nom de « cerveau reptilien »). Cette partie s’occupe des fonctions automatiques de notre système nerveux : respiration, battement de cœur, digestion, tension musculaire, etc.

Ainsi, un réflexe archaïque (ou primitif) est une réaction innée (gérée par le tronc cérébral) du nourrisson suite à un stimulus.

Par exemple:

– Un nouveau-né qui empoigne fermement votre doigt et le tient avec une telle force qu’il ne veut plus le lâcher;

– Un bébé, dans vos bras, qui entend un bruit soudain, sursaute et son corps devient en extension (il prend une forme de banane).

À quoi ça sert?

Les réflexes archaïques, lors qu’intégrés, permettent à l’enfant de passer d’un mouvement involontaire (réaction)  à un mouvement volontaire (action).

Ils permettent de créer les schèmes de patrons de mouvement qui permettront à l’enfant de bouger, de développer son tonus musculaire, sa coordination, son organisation visuelle, vestibulaire et spatiale, et plusieurs autres.

Ces patrons de mouvement constituent les fondations essentielles pour bien apprendre, se concentrer, grandir et se développer.

Si on imagine le réseau neuronal comme étant une grande toile d’araignée, les réflexes archaïques seraient de longs fils formant la base, le soutien de la toile, sur lesquels les autres fils vont se développer.

Ils permettent de mettre en place une base solide sur laquelle se développeront les capacités cognitives, émotionnelles et physiques de l’enfant et du futur adulte.

Comment ça marche?

Les réflexes primitifs présentent un cycle de vie en trois phases:

  1. L’émergence: celle-ci peut avoir lieu avant la naissance. C’est le moment où le bébé, en réponse à un stimulus, aura une réaction involontaire (le réflexe).
  2. L’exploration: c’est pendant cette phase que le nourrisson fait l’expérience du réflexe.
  3. L’intégration (ou inhibition): c’est l’appropriation du réflexe par le cerveau. C’est une étape cruciale dans l’acquisition du mouvement volontaire.

Une quatrième phase peut également surgir: la rémanence. Celle-ci fera réapparaître le réflexe, même très longtemps après son inhibition. Cela peut se produire suite à une situation de stress intense, à un traumatisme, à un choc ou autre.

Ainsi, même si un réflexe est bien intégré à la base, il peut revenir affecter votre vie si votre cerveau passe en mode « survie » suite à un évènement bouleversant.

Ça vient d’où, tout ça?

Jusqu’aux années 80, on ne connaissait pas l’utilité des réflexes archaïques sur le développement de l’enfant. On observait lesdits réflexes, on les testait à la naissance (comme le fait toujours le pédiatre), mais sans plus.

C’est Peter Huxley-Blythe (1925-2013), un psychologue anglais, qui est reconnu comme étant le premier à émettre l’idée que les réflexes primitifs ont une incidence sur le reste de la vie, surtout lorsqu’ils ne sont pas inhibés.

Dès 1975, Blythe se concentre sur l’étude du rôle du système nerveux central sur les troubles de comportement et d’apprentissage.

Mais… qu’est-ce que ça change?

Pour que le développement global du bambin et de l’enfant se fasse de façon optimale, chaque réflexe archaïque doit être intégré, et ce, dans un ordre bien précis.

En effet, chaque réflexe qui s’inhibe prépare le terrain pour les réflexes suivants à intégrer. Un réflexe mal intégré ne peut servir de base aux réflexes subséquents.

Quelles conséquences?

Puisque les réflexes primitifs servent à poser les bases du réseau neuronal, sur lesquelles les autres connexions vont s’appuyer, leur non-intégration peut avoir des conséquences dans plusieurs sphères de la vie.

Les réflexes archaïques... C’est quoi ?Sur la cognition: Les apprentissages (la cognition) se fondent sur la capacité du cerveau à faire des connexions entre les neurones. Les réflexes archaïques non intégrés supposent des connexions neuronales de base incomplètes; il est donc difficile pour le cerveau de créer de nouvelles connexions, de nouveaux apprentissages.

C’est comme si vous tentiez de bâtir une maison sur des fondations instables, sur un sol mou: vous pouvez y arriver, mais il en restera des bases qui peuvent s’effondrer à tout moment.

Sur les émotions: Comme nous l’avons mentionné plus haut, le cerveau primitif, d’où émergent les réflexes du même nom, est le centre de protection et de sécurité du cerveau humain. Ainsi, des réflexes mal intégrés peuvent affecter l’équilibre émotionnel de l’enfant, et de l’adulte à venir. L’estime et la confiance en soi peuvent en souffrir.

Il peut en résulter des enfants facilement irritables, qui ont «  la mèche courte », sont hypersensibles, réagissent fortement, peuvent contrôler, s’opposer, et peuvent avoir des comportements dits « intenses ».

Les réflexes archaïques... C’est quoi ?Sur le plan physique: En ce qui concerne les mouvements, les réflexes archaïques favorisent le passage du mouvement involontaire (réflexe) au mouvement volontaire (contrôlé). Mal intégrés, les réflexes ont une incidence sur la coordination, la proprioception, l’équilibre et la perception spatiale, entre autres.

On peut observer des enfants agités, impulsifs, que l’on dit « hyperactifs », qui ne tiennent pas en place, qui changent de posture continuellement sur leur chaise, s’assoient en w, descendent les escaliers comme des éléphants, etc.

La recherche a démontré que ces « blocages » pourraient générer une panoplie de troubles: troubles d’apprentissage, troubles du spectre de l’autisme (TSA), trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), dyspraxie, dyslexie, dysorthographie… et bien d’autres!

Qu’est-ce qui peut perturber l’intégration d’un réflexe?

Plusieurs causes peuvent être à l’origine de la non-inhibition d’un réflexe primitif: le stress de la mère, un accouchement difficile et/ou par césarienne, un traumatisme ou un choc émotionnel, une naissance prématurée, un développement moteur entravé, un accident, etc.

Et les solutions?

Oui, il y en a!

Plusieurs méthodes peuvent apporter une aide au niveau de l’intégration des réflexes archaïques. La plupart d’entre elles font appel à des stimulations sensorielles, à des mouvements ou à des pressions isométriques. Ces techniques ont pour but de stimuler le fonctionnement et la coordination de chaînes musculaires précises pour permettre au corps d’inhiber la réaction réflexe et d’intégrer le patron de mouvement.

Les mouvements réflexes et leur inhibition proposent une nouvelle lecture de divers troubles: TDA/H, TSA, l’énurésie, l’hyperactivité, l’opposition, l’impulsivité, la dyspraxie, la dyslexie, la dyscalculie, difficultés d’apprentissage et de comportement. Leur compréhension permet l’émergence de nouvelles stratégies pour améliorer la qualité de vie des personnes qui en souffrent et de leur entourage.

On passe du mode « survie »… au choix de vie !

Vous connaissez le programme de Mouvements rythmiques (RMT) ?  Il s’agit d’une technique de rééducation des réflexes par le mouvement et le rythme avec des exercices simples et efficaces. Ceux-ci imitent le mouvement de bercement que les bébés font d’eux-mêmes pour passer d’un stade de développement moteur à un autre.

Ces mouvements permettent de revisiter les périodes de développement où les réflexes n’auraient pas complètement été intégrés afin de compléter leur maturation et de lever les blocages des difficultés d’attention, d’apprentissage et de comportement.

Référence : Manuel de cours Mouvements Rythmiques 1 et 2
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