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10 pistes pour rassurer l’enfant

Tout le monde se souviendra de cette rentrée si particulière et, pour certains, troublante…

Cette année, à la première journée d’école, plusieurs enfants ont eu un choc en voyant leur enseignant habillé en astronaute : masque, visière et même habit chirurgical pour certains.

En entrant dans la classe, choc numéro 2 : leurs amis n’y étaient pas, ils ne sont pas dans la même bulle-classe… Et en plus, interdiction de faire des câlins aux amis, même ceux que les enfants n’ont pas vus depuis des mois…

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À la récré, troisième choc : pas le droit de jouer avec les amis des autres classes. Pire : au diner, chacun mange à son pupitre!

« Le mien s’adapte bien! » 

Plusieurs enfants ont l’air de bien s’adapter, mais pour certains, c’est juste pour « faire comme il faut » ou pour ne pas déplaire. C’est important de valider avec l’enfant son ressenti et de lui offrir un moment de pleine écoute, pour s’exprimer sur ce qu’il vit et être reçu et entendu avec bienveillance.

Beaucoup d’enfants sont inquiets et ressentent de la peur devant tout l’inconnu qu’amènent ces mesures. Il est difficile d’apprendre et de se développer harmonieusement dans le stress ou la peur. Celle-ci nuit aux fonctions cognitives, comme le dit Daniel Goleman, psychologue, dans son livre L’intelligence émotionnelle : « La peur empêche d’avoir accès à l’intelligence. »

 

Avec tout ça…

Croyez-vous que les apprentissages vont se faire?

Que l’enfant peut développer son potentiel s’il n’est pas disponible psychologiquement?

Pensez-vous vraiment que l’école va revenir à la « normale » d’ici deux ou trois semaines?

Que les premiers examens vont réellement démontrer les connaissances acquises par l’enfant?

Non, non, non et non … Pourquoi?

 

Les fonctions supérieures en shut down quand-la-rentree-tourne-en-stress-et-en-anxiete01

Parce qu’en stress, le cerveau se déconnecte de ses fonctions supérieures (réflexion, compréhension, etc.) et active ses mécanismes de défenses, le mode « survie ». Dans une situation inhabituelle, où l’enfant est en perte de contrôle, le cerveau la perçoit comme un danger, comme c’est le cas avec la pandémie. On tombe en état de vigilance : on perd la capacité à réfléchir de façon logique, l’accès à notre mémoire et même le contrôle de nos émotions.

Pour éviter que l’amygdale (celle du cerveau, pas de la gorge!) ne sonne l’alarme du stress, l’antidote par excellence est de stimuler la sécrétion d’ocytocine, l’hormone du lien et de l’attachement.

quand-la-rentree-tourne-en-stress-et-en-anxiete05 En ce moment, les enfants ont besoin d’un roc, d’un soutien solide de la part des adultes de son entourage. Plus les enfants se sentent en sécurité, plus leur système nerveux s’apaisera, plus ils pourront développer des habiletés d’adaptation à cette situation si particulière, et plus ils pourront accéder aux fonctions supérieures (d’apprentissage) de leur cerveau.  

Ok, mais concrètement, on fait ça comment?

 

Voici 10 pistes pour aider à rassurer les enfants

1. Soyez zen. Les parents sont souvent plus stressés que les enfants eux-mêmes, ça se reflète dans leur choix de mots. Prenez le temps de respirer pleinement avant de vous adresser aux enfants. Un adulte sécure et confiant inspire les enfants à l’être aussi!

2. « Ben voyons, c’est rien! » Banaliser ce que vit l’enfant nourrit encore plus l’angoisse et l’anxiété, car il ne se sent pas entendu dans la sécurité du lien. L’enfant a besoin de parler de ce monde irréel. Parce qu’ne retourne pas à la normale. On crée une nouvelle normale. quand-la-rentree-tourne-en-stress-et-en-anxiete03

3. Laissez les enfants s’exprimer, ventiler sur ce qu’ils vivent, avec une écoute pleinement disponible. Prenez le temps d’écouter avec votre cœur.

4. « Qu’est-ce qui te fait le plus peur? » En réfléchissant, l’enfant active les fonctions supérieures de son cerveau, plutôt que de laisser toute la place aux fonctions instinctives qui régissent la peur.

5. Proposez-lui de bouger, de mettre son corps en action pour diminuer le stress et les peurs et d’évaluer, sur une échelle de 1 à 10, son niveau de peur, avant et après l’exercice.

6. Jeu du Et si…? « Et si tu n’es pas dans la classe de ton ami, qu’est-ce qui va arriver? – Je vais être triste. – Et si tu es triste, qu’est-ce que tu vas faire? » Ça déconstruit une grande peur en petites peurs, sur lesquelles l’enfant a du pouvoir. Terminer par Et si tout se passait bien?

7. Donnez des ressources à l’enfant, redonnez-lui du pouvoir sur sa vie, sur ses actions, pour qu’il puisse affronter ses craintes graduellement, par lui-même.

8. Rétablissez bien la routine (certains ne sont pas allés à l’école depuis mars) et impliquez les enfants dans le choix des règles. Déterminez avec eux des récompenses (système d’émulation positif), ça facilite beaucoup la gestion des comportements.
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9. Prévenez pour rassurer. « Penses-tu que, comme il y a beaucoup de changements à l’école, il pourrait y en avoir d’autres? » Prévenez aussi l’enfant que l’école pourrait fermer à nouveau.

10. Dodo tôt! Le changement et l’adaptation demandent beaucoup d’énergie… Des enfants fatigués deviennent rapidement irritables.

Quelles ont été les réactions de tes enfants, ou des enfants que tu accompagnes, à la rentrée?

Comment ont-ils réagi à leur première journée d’école?

As-tu trouvé des trucs pour dédramatiser la situation, pour aider à les sécuriser?

Écris-nous ça en commentaires!

Rockio Pépito: les fondamentaux

Transformer et régulariser l’insécurité chez les 0-12 ans avec l'intégration ludique des réflexes archaïques.

 

Pourquoi tant d’opposition, de stress, d’angoisse, d’agitation et d’hypersensibilité chez les 0-12 ans? Et si c’était des réflexes non-intégrés?

Les professionnels de la santé dénombrent de plus en plus d’enfants agités, stressés, opposants, angoissés, intenses, impulsifs, déconnectés, évitants, qui figent, s’isolent, sont hypersensibles ou désorganisés… Bien souvent, ces comportements peuvent indiquer un manque d’intégration des réflexes de sécurité.

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