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Et si nous écoutions le symptôme !« Bonjour … serait-il possible d’avoir un rdv ? C’est pour ma fille, elle a 5 ans et elle ne parle pas très bien … Ou encore « Mon fils rencontre des difficultés en écriture … ». La consultation commence ainsi, par l’énonciation d’un symptôme touchant le langage oral ou écrit, l’attention, la mémorisation, la compréhension … les mathématiques.

Les techniques sont multiples et variées pour résoudre le problème et remplissent à merveille leur fonction « détergente ». Parfois, un diagnostic est posé (« dys », TDAH ou autre …) avec son lot de préconisation (rééducation ou traitement médicamenteux).

Toutefois, il est arrivé que quelques années plus tard, le patient revienne pour un autre motif … Et encore quelle chance, si celui-ci reste dans la sphère des apprentissages ! Cela s’est produit pour 19 de mes patients en 22 années de pratique orthophonique et 7 d’entre eux sont revenus à trois reprises … et chaque fois, pour un symptôme différent !! Alors une nouvelle prise en charge s’amorce avec sa batterie de tests et de techniques.

Sans oublier que toutes ces années d’échec scolaire finissent par altérer la confiance en soi, en ses compétences et en son potentiel, plongeant parfois les parents dans un certain désespoir. Et si ce n’était que la partie émergée de l’iceberg ? Y aurait-il quelque chose à travailler en amont ? Ou en parallèle ?

J’ai découvert le Brain Gym.

Et si nous écoutions le symptôme !Dans l’approche Tête Coeur Corps que propose Brain Gym, l’apprentissage n’est plus réduit au cerveau, mais on y parle aussi d’émotion et de mouvement. « Le mouvement est la porte de l’apprentissage » Paul Dennison, créateur du Brain Gym. Je tenais une piste … aussi j’ai poursuivi mes recherches en participant à un atelier en Brain Gym Chez Neuro Gym Tonik.

Le Brain Gym par des séquences de mouvements facilite et libère les capacités d’apprentissage, de création et d’expression. Les systèmes kinesthésiques, auditifs et visuels sont stimulés dans les trois dimensions (latéralité, focalisation et centrage).

En intégrant cet outil à mes séances, j’ai pu très rapidement observer des patients plus détendus, avec un désir d’apprendre renouvelé et réactivé. Des résultats très satisfaisants sont aussi apparus, sur le plan du langage écrit (lecture, écriture, graphisme), en expression, organisation, compréhension et sur le plan du comportement et de la gestion des émotions. Et si la solution se trouvait en chacun d’eux et ne puisse comme entravée, trouver une issue favorable ?

Les mouvements de Brain Gym permettent la mise en œuvre des moyens de leur réussite, et une reconstruction.

Les voilà en conscience, acteurs de leurs apprentissages, libérés de cette « consommation » de prises en charge diverses. Toutefois, mes patients me renvoyaient un sentiment de dépendance. Si la séquence de Brain Gym n’était pas réalisée pour diverses raisons, ils observaient le retour de certaines difficultés. J’ai donc poursuivi mes recherches, le Brain Gym offrait une solution très satisfaisante en situation de stress ou de fatigue, de rééquilibrage, mais il semblait que quelque chose pouvait encore être débloqué en amont.

J’ai trouvé une réponse avec le RMT (Rythmic Movement Training).

En misant sur la plasticité cérébrale, cette technique propose de reproduire par des séquences de mouvement des expériences sensorielles et motrices de la petite enfance. Ces séquences de mouvements rythmiques permettent d’intégrer les réflexes primitifs et de renforcer la communication entre les différentes zones du cerveau.

L’analyse de l’évolution des mes prises en charge m’a conduit à la prise de conscience suivante : 65 % des patients rencontrés en rééducation pour troubles du langage écrit (lecture, écriture, graphisme) s’avèrent soit :

  • être prématuré,
  • né par césarienne,
  • né avec le cordon autour du cou,
  • séparé de sa mère dès la naissance,
  • avoir utiliser la trottinette,
  • avoir utiliser le Jolly-Jumper,
  • être sujet à des diverses allergies.

Jusque-là, il ne m’apparaissait pas évident qu’un lien existait entre le déroulement de la grossesse et de l’accouchement, l’acquisition de la marche et le développement de la motricité (marche et praxies) et les difficultés rencontrées par l’enfant que l’on nous adresse. Ces éléments ne font effectivement pas partie des causes directes évoquées dans une difficulté d’acquisition de la lecture ou de l’écriture. On parle plus souvent de : difficultés auditives, difficultés de repérage spatio-temporel, difficultés d’attention visuelle ou auditive …

Les étapes du développement peuvent être envisagées comme les maillons d’une chaîne ou les briques d’un mur … Indispensable que les fondations soient solides pour en garantir la longévité.

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Mes patients et leurs parents se sont avoués soulagés de connaître l’origine de leurs difficultés. Celle-ci annulait toute question relative à leur volonté ou leur efficience intellectuelle ! Les résultats surprenants obtenus dans la combinaison de ces deux outils me confortent dans l’idée qu’il nous faut laisser parler le symptôme pour en découvrir les ramifications et intervenir sur le plan structural.

Les durées de prises en charge se trouvent ainsi considérablement raccourcies et mes patients disent se sentir « plus forts » et « capables de retomber sur leurs pattes quoiqu’il arrive ».

Surtout lorsque tout sera fini, n’oublions pas de remercier le symptôme pour tout ce qu’il nous a permis de découvrir et de rééquilibrer. Nos patients évoluent en autonomie sur le chemin de leurs apprentissages et de vie, libérés de toute compensation, de tout stress.

Auteur : Bianca Chareyre, Orthophoniste

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