Votre enfant est sensible, voir hypersensible? Il est «intense», réagit de manière excessive et vous ne savez pas comment intervenir pour le calmer? Il ne tolère pas les lumières fortes, sursaute à certains bruits, n’aime pas être touché? Les parfums, le café ou des odeurs particulières l’agressent?

Dans le premier article de cette série, découvrez les causes et conséquences possibles de l’hypersensibilité, en plus de trucs et astuces pour calmer ces tourbillons d’information.

L’hypersensibilité, c’est quoi?

Chez l’hypersensible, le filtre entre le monde «intérieur» et le monde «extérieur» est très fin. Il n’y a pas de barrière, tout passe! Les stimulations de l’environnement sont intensifiées et déclenchent des réactions de stress vécues comme des agressions. Les bruits deviennent intolérables, la lumière est irritante et donne mal à la tête, les odeurs et textures d’aliments les dégoutent profondément.

« Calme-toi »

« Ah, franchement, t’exagères! »

On a souvent tendance à prononcer ces paroles. Malheureusement, ces interventions ne les aident pas à comprendre comment atténuer leurs réactions et gérer toutes les informations qu’ils reçoivent de leurs sens.

Et les réflexes archaïques?

On observe bien souvent, dans le cas d’hypersensibilité, la présence de deux réflexes primitifs qui n’ont pas terminé leur maturation:

  • le réflexe de Moro;
  • le réflexe de paralysie par la peur (RPP).

Le réflexe de Moro

«Quand le Moro persiste, il compromet la faculté de filtrer et de comprendre les stimuli sensoriels.»[1]

Certaines hypersensibilités (bruit, toucher, etc.) peuvent provenir d’un réflexe de Moro toujours actif. Si c’est le cas, les réactions de l’hypersensible aux stimuli sensoriels peuvent être intenses, car ceux-ci sont vécus comme des intrusions dans «sa bulle».

Un enfant ayant le réflexe de Moro actif pourra avoir certains des comportements suivants:

  • devient irritable sous les éclairages très vifs, les lumières DEL de haute intensité et les fluorescents; peut porter des lunettes fumées à l’intérieur;
  • est perturbé par les bruits soudains ou les bruits distrayants (robinet qui fuit);
  • a des périodes d’hyperactivité suivies de grande fatigue;
  • ressent le besoin permanent d’être rassuré et d’être pris dans les bras lorsqu’il a peur.

Des défis vestibulaires, au niveau de l’équilibre, des réactions excessives de colère et d’impulsivité peuvent aussi démontrer un réflexe de Moro non intégré.

Paralysie par la peur (RPP)

C’est une réaction cellulaire de retrait déclenché in utero, vers la 8e semaine. Si la nouvelle de la grossesse procure un stress, ou que la mère vit de l’anxiété (maladie d’un proche, vol, feu, perte d’emploi, etc.), le RPP restera actif chez le fœtus.

Si le RPP n’est pas intégré, le Moro restera actif.

Un enfant dont le réflexe de paralysie par la peur n’est pas intégré pourrait:

  • avoir tendance à figer sous stress, à paraitre « déconnecté », dans sa bulle;
  • être timide, mal à l’aise dans les groupes, à parler en public, avoir tendance à s’isoler;
  • éviter le changement, être rigide et vouloir garder le contrôle;
  • être sensible à la lumière vive (qui lui donne mal à la tête), aux sons (sa concentration sera difficile dans une classe bruyante), aux odeurs (parfums, odeurs de cuisine, etc.) et au toucher (ne supporte pas le toucher léger);
  • se sentir épuisé en fin de journée, ses sens ayant été trop stimulés. Il se retrouve dans l’incapacité d’être attentif et de traiter l’information;
  • être influençable, avec de la difficulté à forger son opinion;
  • vivre de l’anxiété et des crises de panique;
  • rechercher l’approbation des autres, par manque de confiance.

Les enfants que l’on dit «intenses», qui sont calmes et qui, tout à coup, explosent de colère, sans déclencheur, ou qui ont des terreurs nocturnes pourraient être prisonniers par un réflexe de paralysie par la peur encore actif.

Comment l’aider?

Sphère émotionnelle:

  • Accueillir ce qu’il vit, éviter les «tu exagères, « ce n’est pas si pire que ça», etc.
  • L’aider à nommer ce qu’il ressent, et ses besoins: «As-tu besoin qu’on te laisse seul quelques minutes? Veux-tu un câlin? Comment veux-tu être touché?»
  • «Changer le mal de place», se concentrer sur un autre sens. Si l’odeur est trop forte, lui demander ce qu’il entend, ce qu’il voit, de trouver une sensation agréable et de se concentrer sur celle-ci, plutôt que sur ce qui «l’agresse».

Sphère motrice:

  • Bouger, en rythme si possible.
  • La danse peut l’apaiser.
  • Le massageavec un toucher profond. L’enfant est en position fœtale. Faites-lui des pressions profondes de la tête aux pieds. C’est sécurisant de sentir les limites de son corps.
  • La couverture lourde est réconfortante. Voici comment la fabriquer.
  • Les mouvements d’ouverture et de fermeture du tronc.
  • Les exercices de respiration abdominale, de cohérence cardiaque.
  • Bercer l’enfant avec un rythme apaisant.

Sphère sensorielle:

  • Minimiser les stimulations sensorielles. Transformer une pièce, un coin, un garde-robe en salle «sans stimuli»: épurée de bruits, de lumière, avec un objet réconfortant à toucher (peluche, couverture, jouet).
  • Certains enfants tolèreront le toucher sur une courte période et d’autres pas du tout : ne jamais imposer aucun toucher, qui serait vécu comme une intrusion.

Les programmes de Rythmic Movement Training (RMT), offerts chez Neuro Gym Tonik, peuvent également aider à intégrer les réflexes actifs et ainsi, réduire ou éliminer les hypersensibilités.

Intéressant, non?

Ne rate pas le prochain article de cette série: tu y découvriras les caractéristiques de l’hyposensibilité, la petite sœur de l’hypersensibilité. En plus, nous te donnerons des trucs pour aider ton enfant à mieux réagir au toucher!

Envie d’aller plus loin?

Vous trouverez, sur le blogue de Neuro Gym Tonik, une foule de ressources et d’outils sur l’impact des réflexes qui risquent de vous intéresser :

[1] Moira Dempsey, tiré du manuel de cours RMTi 1 et 2.

 

 

Conférence : les réflexes archaïques

Laval, Qc - 3 octobre 2019

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Un autre regard sur les difficultés d’apprentissage.
Tendu, agité, dyslexique, « dys… », hypersensible, distrait, dispersé, lent, en manque de concentration, de confiance…

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RMTi 1 & 2 – L’attention, l’organisation et la compréhension

Intégrer une nouvelle lecture des troubles de l’attention et de l’hyperactivité. Comprendre l’impact des réflexes primitifs sur le TDA/H et découvrir comment les mouvements rythmiques peuvent être une solution bénéfique.

Cette technique utilise des mouvements avec une composante rythmique visant l’intégration des réflexes fondateurs du développement, de l’attention, du contrôle moteur, de la posture, de la cognition, des émotions et du comportement.

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