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Les enfants ne jouent plus: hausse d’anxiété et de dépressionRegardez autour de vous. Il est peu commun, de nos jours, de voir des groupes d’enfants jouer dehors; et si vous en trouvez, ils sont probablement là, assis l’un à côté de l’autre, rivés sur un écran de téléphone.

Ou encore ils sont en uniforme, suivant les directives des entraîneurs, pendant que leurs parents les regardent faire leurs prouesses avec joie.

Où est la place du jeu spontané, dans lequel l’enfant s’engage par lui-même?

Où sont ces activités qu’il invente avec ses pairs, pour construire sa représentation du monde?

Plusieurs facteurs entravent le jeu libre des enfants.

Les parents ont un horaire chargé, avec de plus en plus de responsabilités. Ils sont préoccupés par les nouvelles (intimidation, prédateurs d’enfants), alors ils limitent et encadrent le jeu extérieur.
Puisqu’ils sont conscients des bienfaits de l’activité physique sur la cognition, et vivent dans l’angoisse de la non-réussite scolaire, ils inscrivent très vite leurs enfants dans des cours de judo, de natation, de ballet. Les enfants se retrouvent eux aussi avec des horaires chargés, remplis d’activités planifiées, où l’autonomie et le jeu libre sont alors mis au rancard.

Le déclin de jeu.

Les enfants ne jouent plus: hausse d’anxiété et de dépressionUn article paru dans l’American Journal of play relate comment le temps de jeu a diminué chez beaucoup d’enfants, et comment cela affecte le développement émotionnel, ce qui conduit à l’augmentation de l’anxiété, à la dépression et à des problèmes d’attention et de maîtrise de soi chez les jeunes.

Depuis 1955 environ, « la pratique du jeu libre chez les enfants est en baisse constante, en partie, du moins, parce que les adultes exercent un contrôle de plus en plus grand sur leurs activités », explique l’auteur Peter Gray, Ph.D. et professeur émérite de psychologie au Collège de Boston.

L’auteur entend par «jeu libre» tout jeu non structuré où l’enfant s’engage à jouer librement, par lui-même, de manière autonome.

5 avantages du jeu pour déjouer l’anxiété et la déprime

1- Développer ses propres intérêts.
En choisissant librement leurs activités de jeu, les enfants s’orientent grâce à leur curiosité; ils apprennent à mener à bien des projets, à développer leur motivation et à préciser leurs intérêts d’une manière qui peut leur servir tout au long de leur vie.

2- Apprendre à prendre des décisions, résoudre des problèmes et suivre des règles.
Les enfants ne jouent plus: hausse d’anxiété et de dépressionLes enfants négocient à la fois l’environnement physique et social à travers le jeu. Ils interagissent, coopèrent et apprennent à résoudre des problèmes et à prendre des décisions basées sur leur ressenti ce qui leur donne un sentiment de maîtrise de leur monde.

Les gens qui ressentent qu’ils maitrisent leur destin ont beaucoup moins de probabilité de devenir anxieux ou déprimés que ceux qui croient qu’ils sont dépendants ou victimes de situations indépendantes de leur volonté.

3- Apprendre à gérer leurs émotions.
Lorsqu’ils jouent, les enfants sont dans des situations physiques et sociales où ils font l’apprentissage de la gestion des émotions. Dr Gray précise que « les personnes souffrant de troubles anxieux décrivent que la perte de contrôle de leur émotions est l’une de leurs plus grandes peurs, provenant de la peur qu’a la personne de perdre le contrôle d’elle-même. »

4- Créer des habiletés sociales saines et traiter les autres comme égaux.
Les enfants ne jouent plus: hausse d’anxiété et de dépression
Le jeu social est le moyen d’enseigner aux jeunes qu’ils n’ont pas plus important ou ont plus de valeur que les autres, et qu’ils doivent tenir compte des besoins et des désirs des autres comme égaux aux leurs, autrement ils seront exclus du jeu.

5- Le jeu est source de bonheur.
« Nous avons non seulement enlevé les joies du jeu, nous les avons remplacées par des activités stressantes émotionnellement.
Nous en sommes venus à la conclusion que pour protéger les enfants du danger et pour les éduquer, nous devons les priver de l’activité, même si ça les rend heureux, et placer plus d’heures où ils sont plus ou moins continuellement dirigés et évalués par des adultes.

Hélas, ce décor semble presque conçu pour produire l’anxiété et la dépression ! »

Dr Gray.

Favorisez le jeu libre de vos enfants!

Il y a eu une augmentation notable de l’anxiété et de la dépression, de 1950 à nos jours, chez les adolescents et les jeunes adultes. Le taux de suicide a quadruplé, de 1950 à 2005, chez les enfants de moins de quinze ans; et pour les 15 à 25 ans, cela a doublé.

Les enfants ne jouent plus: hausse d’anxiété et de dépressionLorsque les parents comprennent le rôle majeur du jeu libre dans le développement sain de leur enfant, et que celui-ci contribue aux bases du développement d’adultes émotionnellement sains, ils comprennent que leur horaire est beaucoup trop organisé.

Puisqu’il est parfois difficile d’abandonner une structure qui permet de gérer le temps et les responsabilités, les parents peuvent commencer doucement par ouvrir des plages horaires au calendrier, avec« rien » à l’horaire, pour justement permettre à leur enfant d’explorer ce jeu libre.

Lorsque nous en sommes conscients, le premier pas est beaucoup plus facile à faire!

Référence :
Traduction et adaptation d’un texte de : https://www.theatlantic.com/health/archive/2011/10/all-work-and-no-play-why-your-kids-are-more-anxious-depressed/246422/
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